LE BERRY COMME LE DAKOTA

La  série présentée ici trouve son origine dans un article paru il y a 40 ans dans la Nouvelle République. Les photos ont été prises dans le Berry et le Dakota entre 2011 et 2017.

La Nouvelle République – jeudi 7 avril 1977

Aigle sacré sur le sentier de la paix en Berry / par Maurice Croze

… Châteauroux. – c’est dans un tout petit bourg du Nord de l’Indre que nous avons rencontré hier après-midi le petit-fils de Sitting Bull, le célèbre chef sioux du Dakota (…) tué en 1890. Aujourd’hui, James Holy Eagle (Aigle Sacré), les cheveux longs tombant sur les épaules, porte allègrement ses 88 ans. Athlétique, la poignée de main solide, il ne paraît pas du tout étonné de se trouver en Berry, dans la vallée du Nahon…

Pourquoi se trouve-t-il là ?... C’est une longue histoire qui a commencé il y a deux ans, lorsque M Guy Simon, président d’un club western dans la banlieue nord de Paris, est venu tout à fait par hasard passer ses vacances dans le Berry et faisait connaissance d’une famille américaine, Les Collins, (…) résident dans ce village. L’an dernier, M. Simon décidait de partir aux Etats Unis avec ses deux filles en emmenant le petit Eric Collins comme interprète. (…)

« C’est en visitant la réserve de Rapid City qu’on nous présenta le petit-fils de Sitting Bull . Tout de suite, James Holy Eagle sympathisait avec Eric Collins et il lui promettait de venir en France et d’aller lui rendre visite... »

Holy Eagle a tenu sa promesse. (…).

Le Berry comme le Dakota

Holy Eagle a déjà connu la France pendant la guerre de 1914 – 1918 puisqu’il était venu combattre comme volontaire. C’est avec une certaine nostalgie qu’il a retrouvé ce pays. Il nous a ensuite parlé du Berry, de la douceur de ses paysages qui ressemblent aux collines noires du Dakota. Il en apprécie la douceur de vivre et ne tarit pas d’éloges sur le petit vin (…) que des voisins vignerons lui ont fait goûter (…)

La cause des Indiens

La visite en France d’Holy Eagle n’a pas été uniquement touristique…

-« Vous n’êtes pas sans savoir que notre peuple a toujours fait face à des problèmes préoccupants. Ils existent depuis le non respect du traité de 1868. J’en ai beaucoup parlé au cours de ce voyage avec des amis. Je repars avec un cahier de signatures et m’ont été envoyées de tous les coins de la France. Elles nous aideront… Dans ma vie, j’ai rencontré trois présidents des Etats Unis, Wilson, Coolidge et Ford… Je repars lundi pour rejoindre mon pays et très bientôt, avec une délégation de chefs de tribus, nous seront reçus par Jimmy Carter à la Maison Blanche… Je lutterai jusqu’à mon dernier souffle pour notre cause… »