STILL LIFE

L’histoire des beaux-arts classe la nature morte comme un genre mineur dans la hiérarchie des représentations. Très codifié, à la fois exercice technique et décoratif pour les peintres et dominé par l’archétype de la nature morte flamande du XVIIème siècle, il est le plus souvent associé dans
l’esprit du grand public à la vanité dans sa tradition classique. Pourtant son histoire dépasse cet héritage.
En photographie, sa genèse est liée aux débuts techniques du médium : les premières émulsions étant peu sensibles, elles nécessitaient un long temps de pose et donc des sujets immobiles. La photographie d’objet consiste alors au départ en une copie, voire un pastiche, de compositions picturales canoniques du genre. Cependant, de la même manière qu’en peinture, le genre de la nature morte sera par la suite le support d’expérimentations photographiques liées aux différents mouvements d’avant-garde : surréalistes, Nouvelle Vision, et Nouvelle Objectivité développeront notamment leur esthétique autour de compositions d’objets. Ces innovations inspireront autant le champ de la photographie artistique que celui des arts appliqués, puisque ce genre restera un vecteur de communication pour la publicité.